À partir de 2026, le mode de calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) va changer. En cause : la baisse du coefficient de conversion de l’électricité, qui passe de 2,3 à 1,9. Ce changement technique aura pourtant des conséquences bien concrètes, en particulier pour les propriétaires et le marché locatif. Jusqu’ici, les logements chauffés à l’électricité étaient souvent mal notés dans le DPE, car on estimait qu’ils consommaient plus d’énergie primaire que ceux chauffés au gaz. Résultat : beaucoup de biens se retrouvaient classés F ou G, étiquetés comme passoires énergétiques, et interdits à la location selon le calendrier de la loi Climat. Avec la nouvelle méthode de calcul, environ 850 000 logements devraient remonter mécaniquement d'une ou deux classes sans avoir fait de travaux. Ces logements ne seront donc plus considérés comme des passoires, ce qui permettra à leurs propriétaires de les remettre en location.
Attention toutefois : le confort thermique ne change pas. Un logement mal isolé reste énergivore, et ses occupants continueront à payer des factures élevées. Mais d’un point de vue réglementaire, il ne sera plus bloqué à la location. Ce changement favorise aussi le chauffage électrique, qui devient plus intéressant dans les projets de rénovation ou de construction. Il s’agit d’un signal fort en faveur de l’électrification, alors que la France dispose d’une électricité largement décarbonée. En résumé, cette réforme du DPE n’améliore pas les logements, mais réaligne l’évaluation sur la réalité du mix énergétique. Et elle permet surtout de débloquer plusieurs centaines de milliers de logements, dans un contexte de crise du logement sans précédent.